Exposition du 8 octobre au 26 novembre 2016
Vernissage le 7 octobre 2016 à 18h00
L’Artothèque Antonin Artaud, c’est un lieu et une collection d’art contemporain : expositions, publications, prêt, ateliers et rencontres entre artistes et jeune public, résidences d’artistes et soutien à la création… C’est pour les lycéens, et c’est pour tous.
ARTOTHEQUE ANTONIN ARTAUD
25 Chemin Notre Dame de la Consolation
13013 Marseille
04 91 12 22 50
© 2026 Artothèque Antonin Artaud
Exposition du 8 octobre au 26 novembre 2016
Vernissage le 7 octobre 2016 à 18h00
« Dessiner disent-ils »
Une sélection de cinquante artistes dans les collections de l’Artothèque Antonin Artaud autour du dessin contemporain.
Exposition du 8 octobre au 26 novembre 2016
Vernissage le 7 octobre 2016 à 18h00
– à l’ARTOTHÈQUE ANTONIN ARTAUD
Leurs nouveaux dessins
En écho à l’exposition « Dessiner, disent-ils » aux Pénitents noirs à Aubagne qui présente une sélection d’œuvres de notre collection, nous avons demandé à plusieurs artistes de nous confier un « nouveau » dessin et de nous donner ainsi de leurs nouvelles. Dessiner a-t-il le même sens pour eux aujourd’hui ? Le dessin tient-il la même place dans leur création ? Comment ont-ils poursuivi leur chemin ? Ont-ils creusé un même sillon ou changé de direction ? C’est un début de réponse à ces questions, un aperçu de cette création, un fil tendu entre le passé et l’avenir qu’esquissent les œuvres que nous présentons à l’Artothèque.
L’association Artothèque Antonin Artaud, conduite par une équipe d’enseignants, planifie de nombreuses expositions, organise des actions pédagogiques et rédige des cahiers de l’Artothèque. Grâce aux diverses tâches que l’Artothèque effectue, le contact avec les artistes s’établit très facilement. Parmi ces artistes se trouve Franck Lesbros qui est venu mettre en lumière une de ses dernières installations à l’Artothèque. Diplômé de l’école supérieure d’art et de design à Marseille en 2001, Franck Lesbros a pour habitude, dans son travail de création, de chercher à donner à ses recherches visuelles la capacité de rebondir, de faire en sorte que l’image engendrée possède non pas un, mais plusieurs degrés de lecture. C’est donc dans cette démarche que Franck a travaillé sur ses expositions notamment « Inlight Empire » entre Marseille et New York. Les élèves du lycée Antonin Artaud ont eu le privilège d’assister à cette exposition. Parmi ces classes, la C.P.E.S, avec la présence de M.Rosmini professeur de philosophie, a pu, après l’exposition, avoir l’opportunité d’interviewer l’auteur de cette dernière.
Élèves : A quoi sert le sable noir que vous avez mis ?
Franck Lesbros : Devant l’écran ?
Élèves : Oui, autour de la mante religieuse, partout.
Franck Lesbros : Le sable noir est présent concrètement dans la salle, mais aussi dans l’image vidéo. On retrouve cette matière dans l’espace, le sable entoure la mante religieuse autour du socle, et surtout devant l’écran, elle sert ainsi à faire une passerelle entre la vidéo et la réalité de l’exposition, cela permet également de reconfigurer l’espace. En fait, mon idée était de mettre du sable noir partout, sur toute la surface de la pièce, cela aurait créé un contact physique ; mais c’était difficilement réalisable à cause du nettoyage de la salle, tout le monde aurait transporté du noir dans les couloirs etc…
Élèves : D’où vous est venue cette idée de construire cette fontaine qui a servi au tournage de la vidéo ?
Franck Lesbros : En fait, j’ai commencé la vidéo par les couloirs qu’on voit, mais en filmant les vers de terre et les insectes bizarres, je me suis dis que c’était limite nécro maniaque, un peu sombre. J’étais alors convaincu qu’il fallait certainement éclairer le tout et j’ai donc eu l’idée de construire cette fontaine qui a servi à faire la vidéo sur deux étages, deux décors. Il y a tout d’abord le décor figurant des départs de couloirs, puis la caméra descend, on y découvre alors l’étang un peu coloré. Sur la fontaine, le plateau supérieur présente des sas qui rappellent ceux des couloirs, une manière de prolonger le mystère de l’origine de ces couloirs, une possible explication. Je n’avais pas l’intention de filmer le plan inférieur, seulement de m’en servir en tant que réserve d’eau pour réalimenter le système motorisé pour la fontaine. Au moment de la création de l’étang, je lui ai apporté certaines modifications de manière à provoquer une cassure entre les deux univers. J’ai donc déposé sur les contours du bassin un peu de mousse, quelques cailloux roses au fond et des plantes afin de créer en quelque sorte un bassin d’Eden, se rapprochant d’une atmosphère paradisiaque. Au moment où la caméra bascule vers cet étang, on ressent un sentiment d’apaisement comme si l’on voulait y rester, accompagné par le son de l’eau. J’ai souhaité garder le son de l’eau pour créer une résonnance avec celui de la fontaine dans l’espace, de temps à autre il est possible d’entendre le son de la vidéo ainsi que celui des gouttes d’eau simultanément. En apercevant le bassin, celui-ci paraît plaisant alors on a envie de croire à cette réalité pourtant fabriquée. En art se pose constamment la question de la représentation, même un tableau paraissant totalement réaliste n’est qu’une image de la réalité. Pour cette raison, je trouvais intéressant de montrer une image en mouvement, censée représenter un monde, qui se trouve n’être dans la réalité qu’une auge de maçon avec quelques plantes et quelques objets basiques.
Élèves : Combien de temps la réalisation de la fontaine et de l’ensemble de vos travaux vous a-t-il pris ?
Franck Lesbros : L’ensemble a été plutôt long. Les couloirs ont été réalisés à New York puis à Marseille. Quant à la fontaine, sa réalisation n’a eu lieu qu’à Marseille. Le temps de confection de la fontaine a été moins important que celui des couloirs. C’est pour cette raison que je l’ai conservée telle quelle sans prêter attention à son aspect esthétique, je n’ai aucune envie de créer des objets décoratifs, design et vendeurs. Ce choix implique des difficultés, car cela a des effets sur la vente de mes œuvres. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Mon souhait est de renvoyer une image qui provoque des questionnements tout en délivrant une expérience visuelle et sonore. C’est pour cette raison que j’ai construit la fontaine rapidement. En revanche, des calculs ont été nécessaires pour les gouttes d’eau car mon installation présentait un problème dans l’évacuation de l’eau. En effet, l’eau coulait trop rapidement et le bassin se remplissait plus vite que l’évacuation de ce dernier. On est sans cesse en train de résoudre des problèmes. Dès que je commence à travailler, les constructions se font très rapidement pour avoir une idée du résultat, je m’attarde peu sur la finition. D’une manière générale, je réadapte, je modifie en fonction du cadre, je regarde les éléments manquants, je rajoute, j’enlève comme s’il s’agissait d’un gâteau… C’est en quelque sorte de la cuisine.
Élèves : Avez- vous une idée prédéfinie de ce que vous voulez produire ? Vous laissez vous aller à l’expérimentation ?
Franck Lesbros : Je me laisse aller complètement à l’expérimentation, j’aime bien être surpris par le résultat plutôt que de tout prévoir a l’avance. Les erreurs que je fais m’aident à me rapprocher de la vie de tous les jours et à créer l’inattendu.
Élèves : Comment définiriez-vous votre travail ?
Franck Lesbros : Je crée des « films expérimentaux », en passant par de la construction et de la peinture. Je fais du grand dans du petit, comme dans les ateliers à New York où j’ai vécu. Mon prochain projet est un opéra avec des mantes religieuses, un mâle et une femelle, en espérant qu’elle mange le mâle. Mais il est difficile de travailler avec des insectes. J’aime bien la mante religieuse : son mode de vie, sa forme et le rapport entre le masculin et le féminin. J’aimerais aussi faire un long métrage, en jouant avec des effets de lumière, comme une peinture.
Élèves : Quels sont les artistes qui vous influencent ?
Franck Lesbros : Je suis influencé par le monde du cinéma, par Stanley Kubrick, Tarkovski… L’art classique m’influence également, en particulier Malevitch qui est passé du figuratif à l’abstraction avant de retourner vers le narratif. Tant de personnes comptent, Robert Filiou, Gregory Crewdson, les surréalistes…
Élèves : Comment se passe le travail avec les insectes ?
Franck Lesbros : Ils font ce qu’ils veulent, ils se figent quand on les filme, j’ai donc dû utiliser de l’air comprimé pour les bouger. Ils sont imprévisibles et c’est ce qui rend la chose amusante. C’est improvisé comme le reste et je m’adapte. Les insectes sont comme des acteurs, dans Inlight Empire, ils peuvent aussi faire penser aux rats qui hantent les villes, aux insectes qui peuvent résister à une apocalypse nucléaire. Tout ça contribue à créer une inquiétude.
Élèves : Combien d’heures a-t-il fallu pour faire le film ? Travaillez vous seul ?
Franck Lesbros : Beaucoup d’heures en fait, sept couloirs, une heure par couloir, plus le plateau… Ce qui est surtout long c’est le cadrage. Je travaille volontairement seul, par souci d’organisation, quelquefois avec des musiciens, ou je demande de l’aide à des amis.
Élèves : Comment se passe l’échange avec les musiciens ?
Franck Lesbros : J’essaie d’aiguiller à peu près le musicien dans ce que je souhaite, tout en lui laissant une certaine liberté. Le fait de lui laisser « carte blanche » va créer un effet de surprise. Il crée beaucoup de sons mais finalement nous sélectionnons ceux qui correspondent le plus au thème.
Élèves : Seriez-vous intéressé par le fait de travailler en tant qu’architecte ?
Franck Lesbros : Oui, cela pourrait m’intéresser car mes propres créations évoquent des architectures. Même si mes œuvres sont plus petites, il y a quand même un vrai travail de perspective. Je m’intéresse plutôt à l’architecture moderne, de MiesVan der Rohe à Ando ou d’autres.
Élèves : Pourquoi ce choix de plans très fermés et sombres ?
Franck Lesbros : Il y a plusieurs raisons à cela. Au départ de la vidéo Inlight Empire, je voulais me confronter au monde souterrain. Il y a aussi le manque de moyen qui me contraint à travailler de la sorte. J’ai essayé dans ce travail de m’inspirer des couloirs d’un lycée, par exemple après une catastrophe, une révolution. J’aime les ruines, l’aspect délabré des choses. C’est comme un naufrage dans une architecture.
Élèves : Pourquoi travailler avec le lycée Artaud ? Pourquoi exposer vos œuvres ici ?
Franck Lesbros : L’Association Artothèque est venue me voir pour me proposer de faire une exposition au sein de l’établissement, demande que j’ai acceptée volontiers. Cela permet de changer d’environnement, de rencontrer des élèves et d’échanger avec ceux-ci, de les faire sortir du cadre purement scolaire, ce qui permet d’avoir d’autres commentaires. Les conditions d’exposition sont bonnes, cela permet de sortir du contexte habituel de la « galerie blanche ». Et puis les membres de l’Artothèque ont vraiment été extra.
Élèves : Que pensez-vous de l’impact de la culture au sein de la société actuelle ?
Franck Lesbros : La culture est de plus en plus accessible. Mais en même temps ce qui domine c’est un courant main stream surtout orienté par la recherche du profit immédiat. Il me plaît de croire que culture veut dire curiosité, c’est-à-dire creuser les choses, se fabriquer ses propres choix, ses orientations, et non pas celle que l’on soumet au grand public. Je me répète peut-être, mais la diversité culturelle est telle aujourd’hui que je trouve dommage de ne pas l’explorer.
Élèves Quel enseignements tirez-vous du fait de vivre en partie en France, et en partie à New-York ?
Franck Lesbros : La société américaine peut se distinguer en deux groupes : les riches et les pauvres, la classe moyenne telle que nous la connaissons en France existe difficilement, une tendance qui tend à se généraliser dans bien d’autres pays capitalistes. Les riches ont plus de facilités à accéder à l’art contemporain du fait de leur localisation. En effet, les villes américaines sont faites de sorte à ce que les « pauvres » soient logés au plus loin du centre, ce qui crée une inégalité d’accès à la culture. Les Américains en général sont très curieux et bon enfant, un déplacement pour aller voir une exposition n’est pas perçu comme contraignant, bien au contraire. Ils ont aussi cette facilité d’acheter, ils sont consommateurs, ils aiment avoir ce qui les a fait vibrer. Ils ont aussi une audace, une prise de risque, nettement supérieure à celle des Français. Les Français eux sont moins curieux, et beaucoup plus paresseux dans leurs déplacements, mais ils ont une finesse et une perspicacité propre à l’Europe.
Élèves : Lorsque vous étiez étudiant, avez-vous remarqué ce fameux « mouvement » de culture populaire ?
Franck Lesbros : En école d’art, l’enseignant vous transmet ce qui est « proche de lui », il a donc une certaine influence. Après avoir fini les Beaux-Arts, j’ai eu envie de repartir à zéro, j’ai alors écrit durant quelques années. Puis un jour, une galerie d’art m’a proposé une participation lors d’une exposition. Cela a réveillé cet intérêt pour le visuel, mais de manière différente. En effet, faire peau neuve était mon objectif, repartir à zéro, le tout avec plus de recul, et puis l’envie de prendre du plaisir.
Élèves : Vous venez de dire qu’avant d’avoir repris goût à l’art vous vous étiez plutôt réfugié dans le domaine de l’écriture en écrivant des nouvelles. Est-ce que cette pratique a eu une influence sur vos travaux, sur l’art, sur votre raisonnement, sur le point de vue que vous avez pu adopter ?
Franck Lesbros : Tout à fait. Cela m’a servi sur plusieurs plans. Ce que je trouve génial avec l’écriture c’est que la difficulté n’est pas dans le matériel, la difficulté est dans le concept, dans ce que tu vas écrire, ce que tu vas esquisser en terme de phrases, et pour ça tu as besoin d’un papier, d’un crayon ou d’un clavier d’ordinateur et c’est tout. Tu n’es pas obligé de le faire dans un endroit particulier, tu peux très bien voyager. Je trouvais ça génial, et quand je suis revenu au travail plastique, j’ai gardé ce truc là de faire des choses avec peu de moyens, des choses très basiques comme le papier, des matières ordinaires, le carton, un peu de colle. En écriture, tu commences une phrase et finalement ça t’amène vers d’autres. Tu vas rayer ça, tu vas garder ça et finalement quand tu travailles sur un matériau plastique, tu fais exactement pareil. J’essaie de construire des phrases cohérentes en enlevant des choses, ça peut être un mot, un verbe, je rajoute un complément, ça a été important pour moi et puis ces écrivains que j’aime bien, tout ce qui est théâtre de l’absurde, comme Becket ou Kafka. Ce dernier m’a beaucoup influencé, peut-être qu’il apprécierait Inlight Empire… Ne serait-ce qu’à cause des insectes !
Mais c’est une bonne question, c’est cela qui est intéressant, souvent nous faisons des choses, on ne voit pas où ça va, où tout ça nous mène, et puis avec le temps vous vous rendez compte que cette direction vous a appris des choses, vous a éclairé, orienté.
Élèves : Cela rejoint ce que tu disais tout à l’heure, que faire de l’art, c’est proche de ce qu’on vit en existant.
Franck Lesbros : Oui c’est proche, et puis c’est aussi sortir un peu du quotidien, c’est rajouter quelque chose qui n’existe pas à la base et ça c’est un cadeau. Robert Filiou disait cette phrase : L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art.
Dans le cadre du Printemps de l’Art Contemporain, l’Artothèque :
MÉLANGES EN TOUT GENRE
Une exposition conçue par le groupe Jeunes Citoyen du Centre Social et Culturel La Castellane à partir d’œuvres qu’ils ont choisies dans la collection de l’Artothèque Antonin Artaud.
Artistes : Pierre-Jean Amar, André-Pierre Arnal, Georges Autard, Isa Barbier, Carolle Benitah, Christine Crozat, Gabriel Delprat, Philippe Domergue, Joan Fontcuberta, Bernard Lesaing, Maoul, François Mezzapelle, Fabien Moreau, Georges Rinaudo, Jean-Jacques Surian, Didier Tisseyre, Sophie Visier,
Commissaires d’exposition : Abdou, Alfa, Amiel, Djibril, Karim, Oussam, Ryad, Samir avec la complicité de Naba
Mélanges en tout genre est une exposition conçue par le groupe Jeunes Citoyens fréquentant l’ALSH ados du centre social et culturel La Castellane à partir d’œuvres qu’ils ont choisies dans la collection de l’Artothèque Antonin Artaud.
Le travail de sélection, d’accrochage et de présentation a été mené durant le mois d’avril en atelier avec une thématique : le mélange.
Mélange des médiums : du dessin à la photographie en passant par la sérigraphie ou la peinture.
Mélange des genres : de l’abstraction à l’image hyperréaliste en passant par l’inclusion de textes.
Mélanges des thèmes également.
Des mélanges comme un miroir ou des miroirs de ce qu’est la société au sein de laquelle chacun évolue.
Cette exposition est présentée au sein des locaux du centre social et culturel. Elle est accompagnée de petits textes écrits sous forme de micro-trottoir renvoyant à l’imaginaire de chacun.
Du 8 avril au 20 mai 2016
Focus Printemps de l’Art Contemporain vendredi 13 mai de 14 à 18h
Centre Social et Culturel La Castellane
216 bd Henri Barnier 13016 Marseille
04 91 46 04 39
L’intégralité de l’entretien est publié dans le Cahier de l’Artothèque n°64.
« Au départ il y a une donnée : le chien de Jean. Mais, au bout de quelques dessins, l’idée même ou l’envie du chien a complètement disparu. Ce qui m’intéresse c’est comment appréhender une page avec lui ; comment il va se développer dans la page ; comment la couleur peut jouer ou ne pas jouer ; comment le crayon l’accompagne ; ce qui fait qu’à chaque dessin j’ai de plus en plus conscience du moment où se fait une rupture, me disant : trois chiens comme ça me suffisent, il faut qu’il arrive au chien quelque chose d’autre. Et là, ce qui va venir, ce n’est pas un chien arrivant des bords de la page, mais quelque chose à l’intérieur de lui. C’est la règle du jeu.
Donc par rapport au chien, ce qui m’intéressait, c’était de voir comment le pinceau pouvait prendre dans un même mouvement une forme qui se détache d’un fond. Il n’y avait pas au départ de papier qui soit préparé. Je n’avais pas mis un fond rouge ou un fond vert ; le papier était blanc et il fallait que la forme vienne du geste. Au fur et à mesure, ce geste a été accompagné par le fait de redessiner à l’intérieur de cette forme. »
« J’utilise le papier avec tout ce qu’il suscite comme événements, avec la façon dont il répond. Pour moi ça s’appelle du dessin. Même si j’utilise de la peinture à l’huile, sur papier ce sera encore une relation au geste. Il y a toujours une idée du temps, mais peut-être pas comme dans la peinture, parce que dans le dessin il y a quelque chose qui est plus facilement irrémédiable. Je n’aime pas le terme, mais dans le dessin il n’y a pas de repentir ; il y a une dialectique, il y a un processus, une chose qui en entraîne une autre ; il y a une souillure, quand je dis souillure, c’est une trace et comment on peut jouer avec. »

Entretien avec Jean-Jacques Ceccarelli, atelier du 32 rue Estelle,
samedi 6 février 2016
Jean-Jacques Ceccarelli a été, avec Louis Pons et Joan Fontcuberta, l’un des trois premiers artistes exposés à l’Artothèque en 1989. Réunis sur le thème Assemblages ils ont participé à notre première publication. Jean-Jacques Ceccarelli avait d’ailleurs beaucoup aidé à la mise en route de notre projet. C’est notamment grâce à lui et à un groupe d’artistes donateurs qu’avait pu être amorcée notre collection destinée au prêt, qui aujourd’hui rassemble plus de cinq cents oeuvres. Jean-Jacques Ceccarelli revient à l’Artothèque pour exposer la série les Chiens de Jean.
Le vernissage a lieu mardi 26 avril.
Le Cahier de l’Artothèque n°64 accompagne cette exposition.

Christophe Boursault
Denis Brun
Nicolas Desplats
Charles Gouvernet
Matthieu Montchamp
seront présents mardi 22 mars 2015 à partir du 18h pour vous faire découvrir l’exposition « super goütte » à l’occasion du finissage, avant la clôture de l’expo le 31 mars.
Un film d’une dizaine de minutes réalisé par Denis Brun à l’occasion du vernissage de l’exposition :
L’exposition d’hiver, « super goütte », associe cinq peintres :
Christophe Boursault
Denis Brun
Nicolas Desplats
Charles Gouvernet
Matthieu Montchamp
L’idée de cette exposition est née d’une rencontre à l’automne 2015 lors des Ouvertures d’Ateliers d’Artistes organisées par Château de Servières. Nous étions avec Charles Gouvernet dans l’atelier de Denis Brun où sont arrivés Christophe Boursault et Matthieu Montchamp. La discussion à laquelle nous avons assisté a mis en résonance ces propos avec d’autres échangés auparavant au sujet de la peinture et du travail de chacun entre Charles Gouvernet, Christophe Boursault, Denis Brun, Nicolas Desplats, Matthieu Montchamp et l’Artothèque. Ces bribes de conversations, ces promesses à peine esquissées à partir de regards, de gestes, d’échanges ont révélé des aspirations communes, des chemins artistiques souterrainement apparentés qui ne demandaient alors qu’à se concrétiser dans un projet d’exposition collective.
Il n’est pas question ici de courant artistique ou d’école, de maître et de disciples. Peut-être d’une relation d’ancien à plus jeunes, s’il ne s’agit pas du respect dû à l’âge mais de la reconnaissance d’un parcours tenu et affermi dans le temps. Ce que ces cinq artistes partagent, c’est le même engagement, la même exigence dans leur travail artistique qui ne se conçoit pas sans tensions, la même passion pour une peinture prise à bras-le-corps.
Le vernissage aura lieu le jeudi 21 janvier 2016 de 18h à 20h30
L’exposition du vendredi 22 janvier au jeudi 10 mars 2016. PROLONGATION JUSQU’AU 31 MARS !!!
Le « Cahier de l’Artothèque » n°63 sera publié à cette occasion.